Odysseo — réviser, du CP à la Terminale

Se raconter, se représenter (l'autobiographie)

3ᵉ · Français · Lecture et genres littéraires

La fiche de révision

Qu'est-ce que l'autobiographie ?

L'autobiographie est un récit dans lequel l'auteur raconte sa propre vie. Le mot vient du grec : auto (soi-même), bios (la vie), graphein (écrire). Sa règle fondamentale : l'auteur, le narrateur et le personnage principal sont une seule et même personne. C'est ce qu'on appelle le pacte autobiographique (Philippe Lejeune) : l'auteur s'engage à dire la vérité sur lui-même.

Un « je » qui regarde son passé

Le récit est mené à la 1re personne (« je »). Le narrateur adulte revient sur son passé : il y a donc deux temps, le je narrant (celui qui écrit aujourd'hui) et le je narré (l'enfant d'autrefois). Les temps dominants sont l'imparfait et le passé simple, parfois le présent d'énonciation.

Se raconter, se représenter

L'auteur cherche à se représenter : se comprendre, se justifier, laisser une trace ou revivre ses souvenirs. Il faut distinguer l'autobiographie des mémoires (centrés sur l'Histoire), du journal intime (au jour le jour) et de l'autofiction, qui mêle vérité et invention.

La leçon

🌍 À quoi ça sert dans la vraie vie ?

À quoi sert de savoir reconnaître une autobiographie ? Dans la vraie vie, tu croises ce genre partout : les mémoires d'un sportif, le témoignage d'un rescapé, la story où quelqu'un raconte son enfance. Comprendre le pacte autobiographique, c'est apprendre à te demander : cette personne dit-elle vraiment la vérité sur elle-même, ou romance-t-elle sa vie ?

Par exemple, quand tu lis « Enfance » de Nathalie Sarraute, tu sais que « je » désigne l'autrice elle-même. Savoir se raconter, c'est aussi utile pour toi : rédiger une lettre de motivation, un souvenir, se présenter avec sincérité.

Le pacte autobiographique

La règle numéro un de l'autobiographie, c'est le pacte autobiographique, une idée du critique Philippe Lejeune. Il repose sur une identité totale : l'auteur, le narrateur et le personnage principal sont la même personne. Autrement dit, le « je » du texte renvoie au nom écrit sur la couverture du livre.

Dans « Les Confessions », c'est Jean-Jacques Rousseau qui parle de Jean-Jacques Rousseau. L'auteur passe un contrat de vérité avec le lecteur : il s'engage à ne pas mentir, même si sa mémoire peut se tromper. Si ce pacte est rompu et que l'auteur invente, on quitte l'autobiographie pour le roman.

Le je narrant et le je narré

Dans une autobiographie, il y a toujours deux « je » cachés derrière le même mot. Le je narrant, c'est l'adulte qui écrit aujourd'hui, avec son regard et son recul. Le je narré, c'est l'enfant ou le jeune qu'il était autrefois, celui dont il raconte les aventures.

Par exemple, un écrivain de cinquante ans peut écrire : « Je croyais, à huit ans, que la mer était au bout de la rue. » Le « je croyais » adulte juge le « moi » enfant naïf. C'est ce va-et-vient entre présent et passé qui donne toute sa profondeur au récit de soi.

Autobiographie et genres voisins

Attention à ne pas tout confondre : plusieurs genres parlent de soi, mais pas de la même façon. L'autobiographie raconte l'ensemble d'une vie avec du recul. Les mémoires, eux, mettent surtout en avant les grands événements de l'Histoire que l'auteur a vécus, comme ceux du général de Gaulle.

Le journal intime s'écrit jour après jour, sans savoir la suite, comme celui d'Anne Frank. Enfin, l'autofiction mélange volontairement la vérité et l'invention : l'auteur part de sa vie mais la romance. Bien distinguer ces genres, c'est répondre juste aux questions de lecture.

Les questions du chapitre

12 des 32 questions de ce chapitre. Les réponses, et les explications de chacune, sont dans l'application.