3ᵉ · Français · Grammaire et langue
Le mode indique comment le locuteur présente l'action : réelle, envisagée, ordonnée, hypothétique. Le temps situe l'action dans le déroulement chronologique (passé, présent, futur) et précise son aspect (action en cours, achevée, répétée). Un même mode contient plusieurs temps.
L'indicatif présente l'action comme réelle, certaine (Il travaille, il travaillera). Le conditionnel présente une action soumise à une condition, imaginée ou incertaine (Je viendrais si je pouvais). L'impératif exprime un ordre, un conseil, une prière (Travaille ! Sortons.). Le subjonctif présente l'action comme envisagée, souhaitée, possible (Il faut que tu partes).
Le présent a plusieurs valeurs : présent d'énonciation, de vérité générale (La Terre tourne), de narration, d'habitude. L'imparfait exprime la description, l'arrière-plan, l'habitude passée. Le passé simple exprime les actions de premier plan, brèves, qui font avancer le récit. Le plus-que-parfait marque l'antériorité par rapport à un autre fait passé.
Face à un verbe, identifie d'abord le mode (l'attitude du locuteur), puis le temps et sa valeur précise dans le contexte.
À quoi sert de connaître les valeurs des modes et des temps ? À dire exactement ce que tu penses. « Tu ranges ta chambre » n'a pas le même sens que « Range ta chambre » ou « Il faudrait que tu ranges ta chambre » : le premier constate, le deuxième ordonne, le troisième suggère avec prudence.
Choisir le bon mode et le bon temps, c'est nuancer sa pensée, éviter les malentendus et donner du relief à ce qu'on raconte. C'est un outil de précision pour l'oral comme pour l'écrit.
Il existe quatre modes personnels, qui se conjuguent avec les personnes. L'indicatif présente l'action comme réelle et certaine : il pleut, il pleuvra. Le conditionnel présente une action soumise à une condition ou imaginée : je partirais si j'avais le temps.
L'impératif sert à donner un ordre, un conseil ou une prière : écoute-moi, partons. Enfin le subjonctif présente l'action comme simplement envisagée ou souhaitée, souvent après « que » : il faut que tu viennes. Retiens : le mode traduit l'attitude de celui qui parle face à l'action.
Un même temps peut avoir plusieurs valeurs selon le contexte. Le présent de l'indicatif peut dire ce qui se passe maintenant, mais aussi une vérité générale : la Terre tourne autour du Soleil. Il peut rendre un récit plus vivant, c'est le présent de narration.
L'imparfait, lui, sert surtout à décrire, à planter le décor et l'arrière-plan d'un récit : le soleil se couchait, les oiseaux chantaient. Il exprime aussi une habitude passée : chaque été, nous allions à la mer. Repère toujours la valeur grâce au sens de la phrase.
Dans un récit au passé, imparfait et passé simple travaillent ensemble mais n'ont pas le même rôle. L'imparfait pose le décor, décrit, exprime la durée : c'est l'arrière-plan. Le passé simple, lui, exprime les actions brèves, soudaines, de premier plan, celles qui font avancer l'histoire.
Regarde : « Il dormait paisiblement quand un cri retentit. » « Dormait » décrit la situation, « retentit » marque l'action qui surgit. Un bon réflexe : l'imparfait pour ce qui dure, le passé simple pour ce qui arrive.
12 des 34 questions de ce chapitre. Les réponses, et les explications de chacune, sont dans l'application.